Lancement du site de campagne de Jean-Paul Huchon.

novembre 6, 2009 par thgodin

Jean-Paul Huchon préside la région Ile-de-France à la tête d’une majorité soutenue par les Verts et le Parti communiste depuis 1998. Depuis, le Conseil régional s’est profondément modernisé et s’est imposé comme une institution essentielle et moteur pour le développement de la région parisienne.  Officiellement élu comme tête de liste par les militants socialistes le 1er octobre dernier, il  vient de lancer son site en vue de la campagne régionale de mars 1010.  Pour le visiter cliquez sur l’image ci-dessous.

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Le guide des services publics locaux.

novembre 1, 2009 par thgodin

Cette semaine, l’hebdo vous informe sur les dangers des projets de lois de recentralisation, cliquez sur l’image ci-dessous pour le feuilleter :

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Le tour de France du projet socialiste.

octobre 6, 2009 par thgodin

Afin d’élaborer son projet et préparer les prochaines échéances électorales, le Parti socialiste a décidé d’ouvrir un grand chantier de réflexion en collaboration avec ses militants et de nombreux acteurs de la société civile. Une vingtaine de réunions publiques est ainsi prévue dans toute la France en présence de nombreux acteurs du monde politique, syndical et associatif. Pour en savoir plus cliquez ici.

Ci-dessous, vous pourrez regarder un petit clip qui illustre la démarche de ce tour de France du projet qui s’appuie notamment sur les innombrables projets locaux portés par les élus socialistes, avec notamment la participation d’un voisin, Pascal Popelin, premier adjoint au Maire de Livry Gargan et Vice-président du Conseil général de Seine Saint-Denis.

 

 

Votation citoyenne sur le statut de La Poste

septembre 16, 2009 par franckmisson

Le changement de statut de « La Poste » d’établissement public en société anonyme ouvre la voie à sa privatisation et fait peser de lourdes menaces sur le devenir de ce service public.

D’ores et déjà, de nombreux bureaux de poste ont été transformés en « partenariats » et de nombreux emplois ont été supprimés depuis 2002, au détriment de la qualité d’accueil des usagers, du service de distribution de courrier et des conditions de travail des salariés.

Nicolas Sarkozy prétend que l’Europe impose un changement de statut au regard de la fin du monopole sur la distribution du courrier de moins de 20 grammes. Cet argument est faux. En aucun cas l’Union européenne n’impose de modifier le statut de l’opérateur et encore moins sa privatisation.

Par ailleurs, La Poste dispose d’autres moyens que la privatisation pour faire face à ses besoins de financement.

Les socialistes ne peuvent accepter cette nouvelle attaque contre ce service public de proximité dont les missions sont indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social.

Pour les socialistes, le service public postal doit être maintenu, mais aussi modernisé et rénové. Il doit concilier efficacité, principes d’égalité et d’universalité.

Une mobilisation de grande ampleur est nécessaire afin d’affirmer au gouvernement notre refus de son démantèlement et faire connaître nos priorités.

Le collectif national de mobilisation contre la privatisation de La Poste (dont le Parti Socialiste est membre ainsi que l’ensemble des partis de gauche, des syndicats et les associations d’usagers), a décidé d’organiser une « votation » symbolique, le samedi 3 octobre prochain, avant le débat sur le projet de loi sur l’avenir de « La Poste » qui se déroulera durant le mois d’octobre à l’Assemblée nationale.

Les socialistes soutiennent activement cette initiative et appellent les Tremblaysiennes et les Tremblaysiens à participer massivement à cette « votation citoyenne ».

A La Rochelle, le PS réussit sa rentrée.

septembre 3, 2009 par thgodin

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Former, débattre, penser l’avenir : cette année, le contenu de l’Université d’été du Parti socialiste a été largement renouvelé. Placés sous le signe de l’ouverture, les six séances plénières et les trente ateliers ont accueilli des intervenants qui pour près de la moitié sont des personnalités extérieures au PS : des hommes et femmes qui font autorité dans leur discipline, une nouvelle génération de chercheurs de talent, des personnalités connues pour leur engagement sont venus interpeller le PS et nourrir les nombreux débats. A l’issue de l’édition 2009, les commentateurs de tous bords n’ont pu que saluer la qualité du rendez-vous de la Rochelle et notamment les avancées proposées par Martine Aubry dans ses deux discours d’ouverture et de clôture. Le mouvement est lancé, mais il reste un long chemin à parcourir pour rénover le Parti socialiste et refonder la gauche autour d’un nouveau projet de société. La consultation des socialistes le 1er octobre prochain sur les primaires et le non-cumul des mandats en sera une étape importante.

Les manipulations d’Alain Marleix pour camoufler un Yalta entre le PCF et la droite

août 6, 2009 par franckmisson

découpageLe Conseil des ministres a adopté  l’ordonnance portant sur la nouvelle carte des circonscriptions législatives.

Le Conseil constitutionnel a demandé à juste titre ce redécoupage pour que les évolutions démographiques soient prises en compte. Le Parti socialiste s’est immédiatement inscrit dans cette démarche et l’a fait savoir au gouvernement. Seulement la démarche retenue pour ce redécoupage et son résultat ne sont pas dignes d’une démocratie.

Le projet adopté par le gouvernement est partial : l’écart Gauche-Droite serait augmenté de 30 sièges en faveur de l’UMP. Pire, il faudra 51,3% des voix à la gauche pour être majoritaire dans ce pays.

De plus, les propos d’Alain Marleix pour prouver la « totale mauvaise foi du PS » (sic !) dans le redécoupage électoral de la Seine-Saint-Denis sont extrêmement surprenants, puisqu’en contradiction avec ses propres documents publiés sur le site du gouvernement.

Quand il annonce la suppression de la 10e circonscription actuellement détenue par l’UMP, Alain Marleix se prend les pieds dans les ciseaux de son redécoupage puisque ses propres documents font état de la suppression de l’actuelle 3e circonscription de la Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, La Courneuve, le Bourget). En effet, celle-ci serait éclatée sur trois circonscriptions voisines (4e, 5e et 6e).

Si la 10e circonscription (Aulnay, Pavillons-sous-Bois) se trouve modifiée par l’adjonction d’un canton de gauche (Bondy Sud-Est), elle ne disparaît pas.

Quand il parle de la disparition de la 10e circonscription, est-ce le Secrétaire national de l’UMP aux élections qui anticipe une perte pour son parti ou est-ce le Secrétaire d’État qui se trompe ?

Le nouveau Yalta du PCF et de la droite

L’empressement du PCF à confirmer les dires fantaisistes d’Alain Marleix illustre bien les manoeuvres de ces partis pour rééditer localement les accords de Yalta en confortant respectivement les bastions communistes et les positions de la droite :

- la ville de La Courneuve, avec un maire communiste (dont le canton est détenu par le PS), donnée à la PCF Marie-George Buffet

- la ville communiste de Bagnolet jointe opportunément à Montreuil pour compenser la perte de cette ville par l’apparenté PCF Jean-Pierre Brard

- la ville Nouveau Centre du Bourget donnée au Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde

- les bastions préservés de l’UMP Éric Raoult et de Patrice Calmejane, malgré son fort déficit démographique

- déstabilisation des circonscriptions socialistes remodelées (Claude Bartolone dans la 6e, Élisabeth Guigou dans la 9e et Daniel Goldberg dans la 3e)

En confortant artificiellement une logique de bastions PCF ou de droite, Alain Marleix effectue bien un tripatouillage au détriment du PS, pourtant largement conforté par les électeurs dans toutes les dernières échéances électorales locales et législatives en Seine-Saint-Denis.

Loi sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie : une loi qui ne règle rien

juillet 22, 2009 par franckmisson

1/ Rien sur la formation initiale différée

Il y a urgence à remédier au fatidique couperet du « diplôme sanction », véritable mal français qui fait qu’on demeure marqué à jamais par son niveau de sortie de l’éducation nationale. Une véritable loi de la formation tout au long de la vie (mais il est vrai que le ministre n’a jamais utilisé l’expression éponyme) passe par la création d’un droit à la formation initiale différée. Ce principe, adopté par les partenaires sociaux dès l’ANI 2003, instituerait un continuum entre formation initiale et formation différée et donnerait un véritable contenu au droit à la deuxième chance.

2/ Mesures pour les jeunes : où sont passées les propositions de la Commission Hirsch ?

Sur ce point, je m’étonne de la non reprise dans le projet de loi de certaines propositions qui ont recueillies l’unanimité de la Commission HIRSCH, à laquelle j’ai participé : supprimer le délai de carence à la sortie du système scolaire, la Journée d’Appel à la Préparation à la Défense (JAPD) avancée à l’âge 16 ans pour repérer les jeunes en grandes difficultés, interdire les stages hors cursus. Trois mesures simples qui ne coûtent rien et qui auraient facilement pu trouver leur place dans le texte alors que le rapporteur lui-même a rajouté près d’une dizaine d’articles concernant ces publics jeunes sans aucune concertation. En ce qui concerne l’orientation, plutôt qu’un service numérique centralisé qui n’est qu’un gadget dépassé, il serait là-aussi opportun de faire son miel des propositions du Livre Vert sur « l’éducation au choix » et créer un service public de l’orientation territorialisé.

3/ La main mise de l’Etat sur le Fond de sécurisation des parcours professionnels

Voulu par les partenaires sociaux, ce fond de 900 millions d’€ est en définitive un alambic greffé sur l’usine à gaz du financement de la formation professionnelle pour permettre à l’Etat de revenir aux vieilles recettes du traitement social du chômage plutôt que de mettre en place une véritable politique de qualification.

4/ Une recentralisation non justifiée

Enfin, une recentralisation de la formation professionnelle qui n’est pas justifiée et qui vise à déstabiliser les exécutifs régionaux à quelques mois de leur renouvellement. Cette loi ne règle aucunement la question cruciale de la coordination des politiques d’emploi et de la formation au niveau régional.

En résumé, ce texte, malgré des avancées appréciables (portabilité du DIF, extension des contrats de transition professionnelle et des écoles de la 2e chance, amélioration du fonctionnement des OPCA…) présente un patchwork de mesures qui ne résout aucun des problèmes posés à la formation professionnelle et est loin d’être la nouvelle couverture sociale que pouvaient espérer les salariés victimes de la crise et de la mondialisation.

Mariage Tremblay-Sevran-Villepinte : les raisons de mon abstention. Par Thierry Godin, Conseiller municipal.

juin 30, 2009 par thgodin

La future communauté d’agglomération ne naîtra pas sous les meilleurs auspices. L’approfondissement de la coopération entre Tremblay-Sevran-Villepinte est nécessaire pour développer la solidarité, engager de nouveaux processus de développement et d’aménagement, mais elle s’engage dans de mauvaises conditions. C’est la raison pour laquelle je me suis abstenu, lors du conseil municipal du 29 juin, sur la délibération demandant la constitution de la communauté d’agglomération.

 Pourquoi tant de précipitation ? On peut s’interroger sur la nécessité de constituer en urgence une intercommunalité à trois, alors que chacun, y compris les maires des trois villes, s’accorde à dire que le périmètre est insuffisant. Par ailleurs, il aurait été préférable de prendre le temps de travailler le projet de territoire, les conditions de sa mise en œuvre et d’en savoir plus sur les projets de réforme de l’organisation territoriale et de la fiscalité locale.

 Quel est le projet ? Les maires s’appuient sur la coopération déjà à l’œuvre au sein du SEAPFA, mais sans donner d’éléments réellement tangibles et convaincants du « plus » communautaire et du projet de territoire porté par la future communauté d’agglomération.

 Déficit démocratique. A Tremblay, je demande depuis des années l’organisation d’un vrai débat sur la question intercommunale. Hormis les quelques déclarations des maires concernés et une rencontre des élus de gauche le 4 mai dernier à Sevran, les élus municipaux et à fortiori la population n’ont jamais eu l’occasion de se saisir réellement de cette question. Les élus de Tremblay étaient appelés à se prononcer alors que tout semblait déjà bouclé.

 Une grande oubliée : la notion de bassin de vie. Enfin, il est regrettable que le débat sur l’intercommunalité, à droite comme à gauche, ne soit uniquement examiné au regard de deux sujets : le développement économique autour de l’axe Le Bourget – Roissy CDG, et les enjeux de pouvoir et de gouvernance. Je regrette très vivement que la notion de bassin de vie soit la grande absente du débat. Je déplore qu’une vision très technocratique de l’aménagement ait pris le pas sur d’autres enjeux importants : les services à la population, la qualité de la vie,  l’environnement, la cohésion sociale, la circulation. Je plaide pour ma part pour une intercommunalité qui prenne en compte les attentes des habitants et s’intéresse également au véritable bassin de vie de nos communes qui s’étend autour de l’axe d’urbanisation que constitue pour nos communes, le couloir RN3 – canal de l’Ourcq – RER B.

“Elections européennes, la facture.” Pierre Moscovici analyse les résultats des élections européennes.

juin 22, 2009 par thgodin

moscoviciLe Conseil européen a ouvert la voie à une reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Évidemment, la proposition faite par les 27 n’est que la première étape d’un processus qui passe par la consultation du Parlement sur le nom du Président de la Commission désigné, puis par l’élection – à la majorité absolue des députés européens si les règles prévues par le Traité de Lisbonne sont appliquées – de l’exécutif européen par l’Assemblée de Strasbourg. La procédure est tout sauf une formalité, et l’on se souvient qu’en 2004 José Manuel Barroso ne l’avait franchie que péniblement, en s’y reprenant à deux fois. Il peut cette fois rencontrer un incident de parcours, que le soutien des 27 rend toutefois improbable. Là réside le véritable résultat des élections du 7 juin, dont les Européens vont payer la facture.

Quelques mots, d’abord, sur l’interprétation du scrutin, telle que je l’ai présentée lundi devant « Sauvons l’Europe ». J’en ai tiré pour ma part cinq enseignements :

 la participation a poursuivi son mouvement continu de baisse. En 30 ans, le taux de participation est passé de plus de 60 % à 43 %. Il ne s’agit pas, selon moi, d’une euro-réticence – l’Europe a retrouvé une connotation plutôt positive – mais d’une euro-indifférence. Cette Europe là, perçue comme trop libérale, trop lointaine, trop technocratique, dépourvue de résultats économiques et sociaux tangibles, ne convainc pas, d’autant que les enjeux concrets de l’élection n’ont jamais été présentés aux citoyens. Le Parlement ainsi élu a une incontestable légitimité institutionnelle, il n’a qu’une faible légitimité populaire.

 Les droites européennes sont considérablement renforcées. Le PPE conserve plus de 260 euro-députés – avec un Parlement qui en perd 50 par rapport à la précédente législature – il réalise le « grand chelem » dans les cinq principaux Etats de l’Union – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne – il dispose en outre de « réserves » parmi les conservateurs britanniques, qui l’on quitté. L’Europe du 7 juin est conservatrice comme jamais, elle a choisi l’ordre en période de crise. Il est vrai que les droites européennes ont su, tout en conservant leurs thématiques sécuritaires, se décaler des thèmes économiques libéraux, parlant de régulation, de relance ou d’intervention de l’Etat. Elles ont ainsi privé les sociaux-démocrates d’oxygène idéologique.

 Les socialistes européens, justement, ont été punis. Ils passent de 200 à 161 députés, et sont défaits quelle que soit leur situation : au gouvernement, comme en Espagne ou en Grande-Bretagne, en coalition comme en Allemagne, dans l’opposition comme en Italie ou en France. Les succès obtenus à Malte, en Grèce ou en Slovaquie ne peuvent cacher l’ampleur de la déroute. Pourquoi celle-ci ? Parce que, contrairement à une idée reçue, les thèses sociales-démocrates n’ont pas été perçues comme les justes réponses à la crise – articulant de manière insatisfaisante justice sociale, efficacité économique et sécurité. Parce que le PSE a une structure plus légère et floue que le PPE. Parce que, dans plusieurs pays – à commencer par les plus grands – la relève de la vague rose de la fin des années 90 n’a pas été assurée. La social-démocratie européenne est bien, partout, en panne d’identité, de leadership et de stratégie.

 Des Verts en pointe. Les bénéficiaires de ce ressac socialiste ne sont ni les libéraux, qui restent stables, ni l’extrême gauche et les post-communistes, qui perdent un quart de leur siège, passant de 41 à 32 députés : ces forces existent, elles sont résiduelles. Non, les gagnants du scrutin sont bien les écologistes, qui gagnent 11 sièges : le mariage de l’Europe et de l’écologie, allant bien au delà de l’ « effet Cohn-Bendit », a séduit partout, ou presque.

 Les eurosceptiques et l’extrême droite continuent de peser. Ces forces réalisent des scores élevés, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, à l’Est de l’Europe, le Front national résiste malgré son usure interne. Elles peuvent, demain, influer lourdement sur les choix du Parlement.

On le voit au passage, l’élection française, qui a certes amplifié les tendances, n’offre pas de véritable originalité par rapport à cette grille de lecture : les leçons du 7 juin sont européennes autant et plus que françaises.

 Le choix de Barroso est la résultante de ces options. Cette confirmation est une très mauvaise nouvelle pour l’Europe. Le Président de la Commission est un homme intelligent, polyglotte, travailleur, organisé, il est aussi un Européen convaincu, mais sans consistance. Ses dons individuels ne sont pas en cause. Mais je déplore que la faiblesse insigne de la Commission soit ainsi confirmée. Car c’est bien de cela dont il s’agit. José Manuel Barroso souffre, à mes yeux, de trois défauts préoccupants, et même majeurs. Il est, d’abord, le Président de la Commission le plus libéral que celle-ci est connue. Sa Commission a proposé peu de textes, la plupart étant consacrés au parachèvement du marché intérieur, elle n’a pas vu venir la crise, et n’a élaboré aucune stratégie de relance vraiment européenne. Il est ensuite, très orienté vers le monde anglo-saxon. Il fut, on s’en souvient, l’organisateur du sommet des Açores, réunissant les Etats-Unis, l’Espagne et le Royaume-Uni autour de la guerre en Irak. Il est, plus largement, très fortement inspiré par les idées des conservateurs et des libéraux américains ou britanniques. Enfin, et surtout, il est résigné devant la prééminence des Etats, et notamment des grands Etats de l’Union. Il a abdiqué tout pouvoir d’initiative au profit du Conseil européen, consentant de surcroît à ce que celui-ci soit dominé par un directoire des « grands ». Hier, il s’est laissé marginaliser par Nicolas Sarkozy pendant la Présidence française, demain il acceptera sa propre mise sous tutelle par le Président français et la Chancelière allemande, qui lui dictent les voies d’une « Europe qui protège ». En 2004, il fut un second choix, en 2009 il est presque un non-choix.

 Voilà donc l’Europe qui émerge du scrutin du 7 juin : a-sociale, libérale, intergouvernementale. Ce n’est pas celle que je souhaite : politique, sociale, régulée, à visée fédérale. Le Parlement européen peut encore entraver la marche de José Manuel Barroso vers la présidence de la Commission. Mais ce ne sera pas simple : il faudrait pour cela une coalition négative, allant des eurosceptiques xénophobes aux libéraux, en passant par la gauche et les Verts. Le groupe socialiste, très affaibli, n’est pas bien placé pour en profiter : l’éventuel candidat anti-Barroso ne pourrait guère être qu’un libéral de centre droit, comme Guy Verhofstadt. Ce serait peut-être « moins pire », en effet, qu’un Barroso bis : mais ce n’est certes pas l’avenir de la gauche. Pour les socialistes européens, la voie est étroite : c’est celle d’un refus des accords techniques conclus par le passé avec le PPE – renonçant au passage à la Présidence du Parlement pendant ce mandat – et d’une refondation à la fois idéologique et organisationnelle, faisant des choix résolument européens, réformistes et de gauche – celle que le « Manifesto » avait justement tentée, mais que les partis nationaux ont insuffisamment portée. Pour les socialistes français, le chemin n’est pas très différent. En attendant, il s’agit bien de sauver l’Europe du scepticisme, du conservatisme et de l’intergouvernementalisme délétère. Après la défaite, dont nous payons le prix, et qui se traduira dans toute l’Europe par des politiques à la fois sécuritaires, dures socialement et économiquement, s’ouvre le temps des remises en causes radicales. Le sursaut, ou la renaissance, sont à ce prix.

Martine Aubry : “un discours de lucidité et de vérité.”

juin 9, 2009 par thgodin

Dimanche 7 juin, 21h15, Martine Aubry a d’abord pointé « la responsabilité collective de tous les partis et de tous les gouvernements », dans le fait que « l’Europe n’est pas apparue comme une solution ». Dans ce contexte, la Première secrétaire a appelé le président de la République à « renoncer à donner un nouveau tour de vis social dans notre pays ». « Unité, rénovation de nos idées, rénovation de nos pratiques, rassemblement de la gauche : ce sont les tâches majeures auxquelles nous devons nous atteler dès demain » a conclu Martine Aubry, demandant aux Français « de garder espoir et confiance dans le Parti socialiste et dans la gauche ».